| 1) L’identification
de toutes les demandes à caractère économique
pour la Défense des intérêts des victimes
Les préjudices économiques
sont extrêmement importants et nécessitent de rapporter
des éléments suffisants permettant l’exercice
d’un constat dit in concreto pour identifier avec précision
les gains manqués par la victime et constater les pertes
subies. Ainsi, il importe de prendre en compte avec rigueur l’ensemble
des frais médicaux, c’est-à-dire qu’il
faut inclure les dépenses déjà effectuées
et les frais à venir.
Dans le cas d’une perte d’autonomie, le médecin
doit indiquer les moyens palliatifs matériels et humains
susceptibles de compenser partiellement la situation de handicap
par le recours à une tierce personne.
Enfin, reste aussi à déterminer l’incidence
professionnelle du dommage corporel d’où
la nécessité d’indiquer les éléments
permettant de déterminer la durée de la maladie traumatique
imputable à l’accident.
Il faut en outre préciser si la victime peut avoir une activité
professionnelle ou personnelle (aucune, réduite).
L’impact des séquelles sur le déficit à
venir des activités de la victime est une de nos priorités
dans la Défense de vos droits.
2) L’identification des demandes à
caractère non économique pour la Défense des
intérêts des victimes
Il s’agit des demandes dont l’objet
est d’obtenir la réparation du corps de la
victime qui a subi des préjudices propres à
sa personne, à son intégrité physique.
Il est donc nécessaire de pouvoir quantifier avec précision
le déficit fonctionnel par la fixation d’un taux d’IPP
(Incapacité permanente partielle) et par
une description de la situation de handicap.
A ce stade, il est très important de garder en conscience
et les séquelles pour les victimes et la situation de handicap
résultante.
a) Déficit fonctionnel
et exemple des traumatisés crâniens
La quantification des troubles psychiques post-traumatiques présente
de sérieuses difficultés notamment en cas de trauma
crânien où la suspicion à l’égard
de la victime, dont les maux qui apparaissent souvent comme trop
subjectifs sont susceptibles d’engendrer des effets très
néfastes sur sa situation de victime. Le soutien éclairé
d’un avocat spécialisé permet d’objectiver
davantage la situation de la victime et d’optimiser la valorisation
de ses droits pour favoriser un retour à domicile convenable
et digne ou une prise en charge économiquement cohérente
et réaliste. En général, les assureurs n’indemnisent
que trop faiblement les traumas crâniens car dénués
à leurs yeux de réalité objective.
Dans ce type de préjudices, le recours judicaire semble permettre
d’assurer très largement une meilleure indemnisation
pour la victime. De surcroît, il est utile de préciser
que la bonne foi se présume a fortiori après un traumatisme
(crânien ou autre) dont la réalité est avérée.
Il faut toujours démontrer que l’imputabilité
des préjudices à l’accident est établie
par le caractère déclenchant du traumatisme ou du
choc émotionnel, quand bien même la victime présentait
un terrain fragile voire favorable.
Cependant, la nature et l’importance de ces troubles neuropsychiques
permettent de déterminer s’ils peuvent être intégrés
par le taux fixé pour l’IPP, soit
au titre des souffrances endurées.
b) La description qualitative
de la situation de handicap
La description qualitative de la situation de handicap concerne
ce que les professionnels du droit appellent très souvent
le préjudice d’agrément.
A ce stade, l’expert doit procéder à une description
très concrète des « désavantages »
de la vie de la victime. En effet, pour décrire la situation
de handicap, celui-ci doit évaluer la capacité de
la victime pour les actes essentiels de la vie quotidienne, pour
la jouissance des activités familiales, pour celle des activités
de loisirs. Tout ceci doit intégrer aussi les activités
prévisibles et celles que la victime ne pourra plus avoir
ou exercer pleinement.
Au regard de la loi sur l’égalité des chances
n°2005-102 du 11 février 2005, la situation de handicap
est à étudier de très près dans ce qu’elle
engendre pour la poursuite des activités professionnelles.
Par ailleurs, il est important d’insister sur l’idée
que les souffrances endurées du fait de l’accident
doivent inclure les douleurs postérieures à la consolidation.
Ainsi, sont à prendre en compte la nature des souffrances
endurées physique ou psychique, la détermination temporelle
des souffrances endurées, mais aussi les douleurs postérieures
récurrentes et postérieures à la consolidation
conformément aux dispositions de la loi n°73-1200 du
27 décembre 1973 à l’exclusion de celles qui
relèveraient de l’IPP. Enfin, il faut
savoir que la quantification et la description des souffrances endurées
semblent dépendre de deux paramètres en durée
et intensité. Ainsi, certains font apparaître une corrélation
globale entre le taux d’IPP et les souffrances
endurées.
Autrement dit, il faut distinguer entre les
dommages corporels propres à l’intégrité
physique de la victime, les dommages matériels concernant
la substance d’une chose endommagée, et les dommages
immatériels ou non matériels propres aux affaires
économiques et sociales de la victime et de ses proches.
Ainsi, l’indemnisation doit présenter
deux caractères de compensation et de satisfaction. En effet,
pour le caractère de compensation, la réparation doit
être intégrale et couvrir tous les préjudices,
ainsi tous les frais doivent être pris en compte y compris
les frais liés à l’intervention de l’avocat.
Le caractère de satisfaction de l’indemnisation de
la victime doit répondre aux exigences liés aux plaisirs
de la vie qui sont altérés, diminués voire
anéantis du fait de l’accident. |
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